En juillet 2009 a été mis en ligne sur le PlayStation Store de la PlayStation 3 l’atypique Fat Princess. Son concept novateur basé sur un mode Capture the Flag à base de princesses boulimiques dans un univers débordant d’humour lui avait valu un certain succès. Environ huit mois plus tard, ce soft situé entre action et stratégie nous revient sur PSP dans une version enrichie en contenu et intitulée
Fat Princess : Fistful of Cake. Reste à savoir comment il s’adapte à la console portable de Sony et ce qu’il apporte réellement à la franchise…
La légende de la princesse grasse, bis
Comme on pouvait s’y attendre, les fans de Fat Princess premier du nom ne se sentiront pas dépaysés par Fistful of Cake. Son aspect général est toujours aussi coloré et mignon et, malgré quelques bugs de collisions, s’adapte à merveille aux limitations techniques de la PSP. Toutefois, on constate que le design se montre clairement moins sanglant que sur PS3 et ce d’autant plus que le mode gore n’est plus activable via les options. Cette regrettable disparition peut s’expliquer par le fait que les développeurs ont souhaité élargir leur public sans être dérangés par des restrictions d’âge trop sévères. Elle laissera tout de même un goût amer à ceux qui ont goûté aux jouissives effusions d’hémoglobine et autres décapitations du soft original. Le système de combat quant à lui n’a pas changé et garde donc ses qualités comme ses défauts. Le gameplay est tout à fait intuitif et les animations sont fluides. Toutefois, dès qu’ils impliquent plus de quatre ou cinq protagonistes à la fois, les affrontements au corps à corps se transforment en un joyeux fouillis peu lisible. Le diamètre de l’écran de la PSP n’aidant pas, ces mêlées se résument fréquemment à marteler le bouton d’attaque en espérant en sortir vivant. Fort heureusement, tout comme le précédent, cet opus portable ne consiste pas seulement à taper sur ses ennemis.
Il y a en effet de nombreuses manières de venir à bout d’une mission et les possibilités tactiques sont légion grâce aux cinq classes de personnages. Si on favorise le guerrier ou le mage pour les phases d’attaques et l’archer pour du combat à distance, il est également possible d’incarner un prêtre qui joue le rôle de soigneur ou de miser sur la stratégie en choisissant l’ouvrier. Ce dernier est capable de récolter des ressources (bois et minerai) afin d’améliorer chaque classe, de consolider les défenses de sa forteresse ou même de construire des engins de siège tels que la catapulte qui vous propulse directement dans le château ennemi, vous donnant un avantage considérable. Même si certaines classes manquent quelque peu d’intérêt, il y a toujours quelque chose à faire pour son équipe et il est difficile de s’ennuyer. La compréhension des objectifs et des systèmes de points nécessite en revanche un petit temps d’adaptation pour les non-initiés. En effet, les instructions et l’aide sont très vagues et s’avèrent rarement utiles. Ceci dit, les développeurs ont pris en compte certaines critiques et ont rallongé la durée de vie du solo, ce dernier passant ainsi de 7 à 15 chapitres.
Un peu plus de crème dans le gâteau
Le mode Combat de Gladiateurs qui consiste à survivre à 12 vagues successives d’ennemis avec chaque classe est toujours au rendez-vous mais reste toujours aussi répétitif. Le parcours solo reste donc assez court (quatre à cinq heures en difficile) et sert surtout de premier contact avec les maps (plus nombreuses dont certaines sont en DLC pour la version PS3) et les modes de jeu multijoueur. Les environnements sont variés et vous emmène de plaines verdoyantes à des montagnes enneigées en passant par le cœur d’un volcan. Le level design, parfaitement symétrique, est toujours aussi bien pensé. En plus d’être plutôt vastes, les cartes contiennent toutes leur lot de pièges à éviter, de points de contrôle et de passages secrets, ce qui enrichit encore le côté stratégique. En ce sens, on note aussi l’apparition de deux nouvelles options activables dans les parties : le mode Doublure Cascade faisant apparaître des princesses-leurres explosives et le mode Décrépitude donnant plus de travail aux ouvriers puisque les machines à chapeaux permettent de choisir et de changer sa classe. Mais elles se dégradent au fil du temps, ce qui demande une attention constante. Qui dit campagne doublée dit aussi scénario plus étoffé…
Celui-ci, bien que basique et construit autour d’une intrigue peu profonde, se distingue avant tout par sa narration et les interventions verbales pleines d’humour alliant allusions hilarantes et autodérisions. Il suffit d’ailleurs de voir les noms de certaines maps pour se donner une idée de l’ambiance burlesque du titre. En outre, les voix françaises sont tout bonnement excellentes et sont portées par un fond musical aussi cohérent que varié à l’ambiance médiévale loufoque. Comme le premier volet, c’est en multi que Fistful of Cake prend tout son sens. Très réussi, bien qu’un peu trop classique et répétitif sur PS3, celui de cet opus portable commence par mettre toutes les chances de son côté au niveau des modes de jeu. Les anciens modes (deux Capture the Flag, un Deathmatch et une prise de points de contrôle) sont toujours là ainsi que le match de football façon Fat Princess (malheureusement inintéressant en us d’être quasiment injouable). En revanche, trois nouveaux modes de jeu font leur apparition. Si on passe rapidement sur l’Evasion qui n’est autre que le mélange d’un Capture the Flag et d’une prise de points de contrôle, on s’attarde un peu plus sur le mode Démolition. Apparenté à un Search and Destroy, il consiste à récupérer une bombe pour aller la placer dans le château ennemi en vue de le détruire.
Notons également l’apparition de Sombre Faucheuse, un mode dans lequel le joueur qui trouve le casque spécial gagne en puissance et se retrouve seul contre tous afin de récolter les âmes de ceux qu’il tue. Sans rien révolutionner, ces nouveaux modes apportent tout de même une bonne dose de diversité et de fun au soft, d’autant plus que tous sont également jouables en solo. Petit plus non négligeable en multijoueur : il est possible de se connecter en local avec ses amis. Toutefois, tout n’est pas parfait puisque le niveau de fun prend un coup de massue avec les limitations techniques de la PSP, huit joueurs seulement pouvant intervenir. Ajoutez à cela le fait un mode en ligne assez déserté, des attentes parfois longues et quelques freezes et vous comprendrez que le changement de support n’a pas été sans sacrifices. En plus, malgré la capacité à équilibrer les classes à peu près correctement, l’IA reste bien en deçà de nos espérances avec des comportements maladroits, dont une fâcheuse tendance à rester stupidement coincée à certains endroits ou à faire preuve d’un manque d’esprit d’équipe déconcertant. C’est pourquoi, malgré ses nouveaux modes de jeu bien inspirés, le mode online reste inférieur à celui de la PS3, sauf si vous disposez d’un bon groupe d’amis possédant tous le jeu. Dans ce cas-là, vous pourrez sans doute vous retrouver en ligne ou, mieux, en ad hoc pour quelques bonnes heures d’amusement à plusieurs.
Point complet13/20
S’appuyant sur les éléments qui avaient fait le succès de sa version PS3,
Fat Princess : Fistful of Cake ne manque toutefois pas de nouveautés en tous genres. Une campagne solo plus consistante et trois nouveaux modes de jeu sont au rendez-vous pour encore plus de fun dans l’univers décalé, chatoyant et rempli d’humour de Fat Princess. Cependant, avec son nombre maximum de joueurs par partie divisé par quatre et sa maigre communauté, il peine à tenir la comparaison avec son aîné. Ainsi, il est loin d’être indispensable pour ceux qui possèdent déjà la mouture PS3 et s’adresse plutôt aux joueurs solitaires qu’une IA assez terre à terre ne dérangera pas trop. Enfin, il conviendra aussi bien aux joueurs nomades et aux groupes d’amis qui pourront se faire plaisir dans des sessions en local tout en appréciant les nouveautés de cette version portable.
On a adoré :
+ Design toujours aussi attachant et coloré
+ Nouveaux modes de jeu
+ Les possibilités stratégiques
+ Humour efficace
+ Doublages français très convaincants
+ Campagne solo rallongée…
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On n'a pas aimé :
- Mais qui reste courte
- Intelligence artificielle
- Combats confus
- Communauté en ligne peu développée
- Quelques bugs gênants
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