La série des
Yakuza a commencé en 2005 au Japon (2006 en Europe et aux USA) sur PlayStation 2 avec un premier opus qui a séduit bon nombre de joueurs. Un deuxième, tout aussi bien accueilli, est arrivé fin 2006 au Japon et quasiment deux ans plus tard en Occident. Fort d’une certaine notoriété, la saga de
Sega est revenue en mars 2008 (au pays du soleil levant uniquement) avec cette fois-ci un spin-off nommé Kenzan et proposant une échappée dans le Japon Féodal. Ce fut sa réelle première apparition sur la PlayStation 3. Malgré des avis partagés sur cet opus, les joueurs attendaient avec impatience
Yakuza 3, qui peut même être considéré comme le premier opus réellement de nouvelle génération (et il l’est pour les joueurs occidentaux), le Kenzan étant plus une version PS2 en HD pour schématiser en vulgarisant. Sorti en février 2009 sur le territoire nippon, celui-ci n’arrive qu’un an plus tard dans nos vertes contrées alors que les japonais ont le droit à
Yakuza 4. Reste donc à voir si l’attente en valait la peine…
Yakuza un jour, Yakuza toujours…
La série des Yakuza repose sur un scénario riche qui a été développé tout au long des deux premiers volets. Comme certains joueurs ont pu passer à côté et qu’ils désirent malgré tout se lancer dans l’aventure du 3,
Sega a eu l’excellente idée de proposer deux vidéos récapitulatives (une par opus) permettant de découvrir ou se remémorer les grandes lignes de l’histoire. Ce bonus optionnel fort bien pensé passé, il est temps de se jeter corps et âme dans ce
Yakuza 3 qui met en scène un Kiryu Kazuma las du monde des yakuzas. Celui-ci décide donc de s’installer à Okinawa pour s’occuper de sa « famille » composée d’orphelins, lui-même en étant un. Outre une petite séance rétrospective agréable servant de tutorial et plongeant le joueur dans le bain, le titre nous propose de gérer tant bien que mal les petits soucis de certains des enfants. L’un s’est fait tabasser à l’école, l’autre piquer son argent, un autre est l’objet de moqueries à l’école, etc.
Cette partie qui dure environ quatre heures demande de faire quelques allers-retours et de finalement jouer le rôle d’un père de famille. Même si deux ou trois passages demandent entre temps d’aller casser des mâchoires dans un Tokyo fictif, il faut bien avouer que l’on retrouve surtout énormément de dialogues éparpillés entre cinématiques et cut-scenes. Les amateurs d’action fans de la première heure seront déroutés, trouvant les dialogues mièvres et à la limite de l’inutile, alors que les autres découvriront des passages pleins de vie, de sentiments et de réalisme. Les problèmes soulevés sont d’actualité, et ce où que l’on vive dans le monde, la poésie s’incruste par moment et le décor d’Okinawa, pourtant des plus restreints, offre une véritable bouffée d’air frais. Même si certains regretteront de devoir passer quatre heures à jouer les nourrisses au grand cœur, il faut bien avouer que cette phase obligatoire a un charme évident qui ne touchera pas tout le monde de la même manière.
En revanche, dès lors que notre ami Kazuma, rattrapé par les démons du passé et menacé d’expulsion à cause d’un projet touristique d’importance capitale, se décide à retourner dans le quartier de Kamurocho, on retrouve une progression beaucoup plus proche de ce que l’on connaissait… peut-être même un peu trop dans le sens où les développeurs ont conservé la même ville et usent et abusent de la technique ancestrale des allers-retours pour gonfler quelque peu la durée de vie. Celle-ci est d’ailleurs des plus correctes puisqu’il faut compter une quinzaine d’heures pour venir à bout du titre en allant rapidement à l’essentiel alors que l’on compte une trentaine d’heures minimum pour voir les richesses de cet univers, les missions secondaires étant nombreuses, au même titre que les mini-jeux. Jeux de cartes, combats illégaux, fléchettes, bowling, karaoké, les à-côtés sont nombreux et permettent de se détendre tout en variant les plaisirs, surtout que le gameplay de chacun d’eux est bien pensé. On donne une mention spéciale au jeu de golf dont le gameplay est riche, précis, voire pointilleux. C’est une véritable réussite !
L’honneur en jeu
Toutefois, on ne peut que regretter que cette version occidentale, sortie avec un an de retard, soit amputée d’une partie du contenu (gestion des bars à hôtesses et drague des escort girls qui font le charme de la licence, Mah-jong, Shogi, quiz spécifique au Japon, etc.). En sus, malgré la longue attente, les développeurs ne se sont pas foulés et se sont contentés de sortir le jeu en version originale (ce qui est le meilleur choix possible tant les interprétations sont excellentes) sous-titrée en anglais. Vous l’aurez compris, nul mot de français n’a été intégré à la galette. Quand on sait que le scénario, des plus intéressants, occupe une place prépondérante dans l’expérience de jeu, on ne peut qu’être déçu de ce choix qui prive tous les non anglophones de cette pépite. Ceci dit,
Yakuza 3 reprend toutes les forces des anciens opus mais aussi bien de leurs faiblesses.
En effet, le titre offre toujours un système de combat extrêmement bien pensé permettant d’utiliser les éléments du décor ainsi que des armes, rendant des sensations brutales exquises et se basant sur un système de XP permettant d’accroître les caractéristiques de son héros (au choix) afin de diversifier les attaques et les prises. C’est nerveux à souhait et extrêmement jouissif, surtout que des QTE viennent intensifier les rencontres et que la barre de rage, une fois remplie, permet de déclencher des coups critiques et des finishing moves succulents. Même si le système de jeu n’a quasiment pas évolué par rapport aux deux premiers opus, on retrouve tout de même une petite nouveauté piquée à Kenzan : la possibilité d’imiter des techniques inspirées par des séquences filmées à l’aide de son téléphone portable.
Malheureusement, parmi les défauts récurrents, on compte aussi une rigidité des animations qui fait sacrément peur pour un jeu de nouvelle génération, sans compter qu’il y a une tonne de murs invisibles et de bugs de collisions. Ceci tranche complètement avec une réalisation graphique de haut vol. Malgré l’année passée, le titre est agréable à l’œil, les modélisations sont de très bonne qualité et les visages sont criants de réalisme. Jamais un titre n’a offert de mimiques aussi bien retranscrites et d’yeux aussi expressifs. C’est une véritable réussite sur cet aspect-là qui permet de sublimer les émotions des personnages. Quand on rajoute à cela une VO tout bonnement exceptionnelle, des musiques discrètes mais bien choisies et un univers riche et immersif, on ne peut que se dire que
Sega a fait du très bon travail, et ce même si ce volet reprend surtout les solides bases des précédents auquel il ajoute une belle esthétique à défaut de proposer un bon moteur physique…
Point complet15/20
Avec
Yakuza 3,
Sega ne s’est pas trop mouillé. Les développeurs ont repris toutes les excellentes bases des deux premiers opus et ils y ont rajouté des éléments du Kenzan. Mais cela signifie qu’ils ont aussi intégré les défauts de la saga. Parmi ceux-ci on citera de nombreux allers-retours et un moteur physique qui fait tache, sans compter qu’on retrouve encore et toujours le quartier de Kamurocho. Mais les détails qui peuvent contrarier les joueurs français sont assurément le manque de localisation (sous-titres en anglais) et le contenu tronqué par rapport à la version japonaise, et ce malgré une attente d’un an pour y goûter. Toutefois, le soft a bien des qualités non négligeables qui rattrapent allègrement ses défauts. Ainsi, il offre une durée de vie solide, de nombreuses quêtes annexes mais aussi tout un tas de mini-jeux dont la qualité fait rougir de honte toutes les pseudos compilations que l’on peut trouver sur certains supports. En sus, l’histoire est bien écrite, approfondie et l’univers est d’une richesse incroyable. Le système de combat est toujours aussi bon, l’évolution est bien de la partie, l’excellente VO rend l’immersion plus profonde et la réalisation graphique est des plus agréables à l’œil, surtout au niveau des modélisations faciales criantes de réalisme. L’émotion est là, il y a un peu de poésie et le rajout d’Okinawa apporte un petit vent frais appréciable, même si tout le monde ne le verra pas de cet œil, le début reflétant plus la vie quotidienne que celle d’un yakuza. Mais en même temps, c’est fidèle au scénario. Au final, ce
Yakuza 3 plaira assurément à tous les fans de la licence et aux nouveaux venus même si les développeurs auraient pu mieux peaufiner leur bébé et rajouter plus de nouveautés.
On a adoré :
+ Univers riche et immersif
+ Résumés en vidéo des deux premiers
+ Le système d’évolution
+ Beaucoup de missions secondaires
+ Beaucoup de mini-jeux…
+ Dont une mention pour le golf !
+ Système de combat nerveux et complet
+ Cinématiques très jolies
+ Qualité des expressions faciales
+ Les jeux d’acteurs
+ Bonne durée de vie
+ VO excellente
+ Passage de l’orphelinat qui respire la vie…
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On n'a pas aimé :
- Mais quatre heures sans action
- Des allers-retours incessants
- Kamurocho encore et toujours
- Moteur physique à revoir totalement
- Du contenu tronqué
- Pas de sous-titres français
- Peu de nouveautés
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