Sur les consoles de salon, les MMO ne sont pas nombreux. Malgré des annonces en pagailles, les développements bien souvent difficiles aboutissent à des annulations ou traînent des années durant. Pourtant,
Sony Computer Entertainment a tenu à tenter l’aventure en demandant à
Zipper Interactive, le studio à l’origine de certains SOCOM, de plancher sur un MMOFPS. Nommé tout simplement MAG pour Massive Action Game, celui-ci proposait un argument de poids sur le papier : des parties jouables jusqu’à 256 en simultané. Mais un argument « choc » fait-il pour autant un bon jeu ?
MAGiquement banal
MAG est un MMOFPS et, de ce fait, il ne propose pas de mode solo. La seule portion du jeu que l’on fait tout seul comme un grand, c’est le tutorial qui permet d’appréhender la bête, surtout pour les néophytes puisque les habitués trouveront rapidement leurs marques. Inutile donc de dire que ceux qui n’ont pas de connexion Internet peuvent passer leur chemin. Ceci dit, les développeurs ont tenu à incorporer un semblant de scénario, ou plutôt une mise en situation qui permet d’introduire les trois factions à disposition (Valor, Raven et SVER). Le soft nous propose donc de prendre part à des affrontements entre des armées privées en 2025, soit dans un futur proche. On se lance dans l’aventure et on s’engage au sein de l’une des factions. Attention toutefois, il est impératif d’être sûr de son choix puisque
Zipper Interactive a eu la très mauvaise idée de n’autoriser qu’une seule sauvegarde par profil, ce qui signifie que pour goûter aux deux autres factions, on est obligé de tout reprendre à zéro. Peu judicieux… Pour vous aider à choisir, il n’y a rien de mieux que de toutes les essayer avant de se décider. On remarque alors qu’outre des différences visuelles, que ce soit pour les soldats, l’équipement ou l’armement, les caractéristiques s’équivalent. Les développeurs ne se sont donc pas trop mouillés et mise à part un peu de personnalisation, il n’y a que le feeling pour un design ou un autre qui influence son choix.
Fusils d’assaut, snipers, pistolets, grenades, véhicules, etc., on note au passage que l’arsenal est très classique et bien contemporain, trop peut-être quand on le replace dans le contexte du jeu… Au niveau du gameplay, là encore c’est bien classique. Les gadgets permettent d’offrir plus de possibilités, la maniabilité est précise, la prise en main très rapide, les headshots sortent facilement pour un joueur qui a une certaine connaissance des FPS et au final on a un rendu satisfaisant malgré un certain manque de saveur. Ceci est certainement dû à la rigidité du gameplay et à son aspect mou du genou qui n’est pas forcément des plus entraînants. Heureusement, en s’y habituant un peu, on arrive à passer outre ce défaut pour simplement prendre du plaisir à dézinguer tout ce qui passe devant son viseur. Qu’est-ce qui le différencie alors des autres productions du genre qui le surclassent en tous points sur le gameplay ? Son côté MMO bien sûr ! Ainsi, le joueur se lance dans la partie et découvre un premier mode de jeu équivalent à du Team Deathmatch jouable à 64 (32 vs 32). Trois autres sont à débloquer et permettent d’évoluer avec des parties jouables à 64, 128 et pour finir 256. Mais pour cela, il faut gagner des points d’expérience, à accumuler en faisant des frags mais pas seulement.
Crise d’identité
En effet, les joueurs se rendent vite compte qu’il est nécessaire de jouer le jeu de l’équipe pour engranger plus et plus rapidement de l’XP, qui sert aussi à débloquer de l’équipement, à améliorer ses armes et ses capacités. Ceci est dû au système de grades qui permet d’évoluer comme au cours d’une véritable carrière militaire. Ainsi, on débute en tant que soldat banal et on grimpe les échelons en commandant une escouade, puis une section, puis plusieurs, etc. Selon son grade, on peut suivre les ordres de son supérieur ou en donner. La cohésion de l’équipe est alors de mise puisque l’effort collectif est récompensé par des XP. Le système est plutôt bien pensé et permet de garder une certaine clarté au niveau des équipes, celles-ci étant bien réparties aux divers endroits des grandes maps proposées. Ainsi, les affrontements peuvent parfois être fouillis mais en règle générale et en restant avec ses coéquipiers, on arrive à mettre en place des stratégies sans se fondre dans la masse et se demander qui appartient à quel groupe. Cela demande toutefois quelques bonnes heures de jeu avant d’être parfaitement assimilé et appliqué. Cela étant dit, les objectifs ne sont pas toujours des plus clairs et le néophyte qui est jeté sur le champ de bataille ne saura pas forcément trop quoi faire, voyant simplement un HUD riche en informations clignoter dans tous les sens.
Les missions principales se résument à de l’attaque/défense de points, ce qui peut paraître redondant à la longue. Fort heureusement, divers objectifs secondaires viennent agrémenter la sauce pour permettre au joueur d’avancer avec son équipe en se focalisant sur plusieurs points sans avoir à foncer uniquement sur un objectif. Intéressant une fois les modes de jeu débloqués, le titre l’est beaucoup moins au début et peut même être une source de frustration pour certains. Cela est dû au faible nombre de cartes, pourtant bien construites et grandes, et au fait de devoir débloquer lesdits modes, ce qui donne que l’on doit jouer et rejouer les « mêmes parties » au début avant d’en découvrir d’autres. Il faut bien avouer que douze maps à découvrir tout au long de l’avancée c’est très peu, surtout pour un jeu uniquement basé sur le multijoueur. Fort heureusement, les développeurs ont bien joué leur coup et les serveurs sont suffisamment solides pour assurer des parties sans lag ou presque. Mais cela n’est pas sans dommages collatéraux puisqu’ils ont dû faire des sacrifices sur d’autres aspects.
Ainsi, on remarque que la gestion des impacts de balles n’est pas toujours optimale, que les textures sont moyennes, que ça manque de détails, bref que c’est visuellement très quelconque, le design archi classique et passe-partout n’arrangeant pas les choses. Les bruitages étant au final bien répétitifs et le jeu offrant des éléments plutôt limités par rapport à d’autres productions du genre (caméras entre autres), certains regretteront amèrement ce manque d’identité. Enfin, notons tout de même que
Zipper Interactive, toujours pour éviter de prendre trop de risques, a tenu à laisser au joueur un choix assez souple dans le changement de classes. Ainsi, il est possible d’en pré-enregistrer quelques unes afin d’en changer si on le souhaite en cours de partie (lors des respawns qui se font par vagues). C’est plutôt malin pour permettre de s’adapter aux adversaires et de varier les plaisirs au sein d’une même partie, mais cela peut aussi créer un certain fouillis général pour peu que les coéquipiers ne se concertent pas et qu’il manque par exemple des joueurs avec certaines compétences au sein d’une escouade.
Point complet13/20
MAG part d’une bonne idée et les développeurs ont réussi à la concrétiser. Le titre est jouable jusqu’à 256 en même temps en ligne, les systèmes d’XP et de grades permettent de donner l’envie de continuer à évoluer et le jeu en équipe est des plus agréables. C’est plutôt facile à prendre en main et le tout tient la route. Toutefois, on ne peut que regretter un manque de prise de risques des développeurs qui ont multiplié les petites erreurs. Une seule sauvegarde par profil, un design archi banal, une réalisation sacrifiée au profit de la fluidité (un mal pour un bien quand même), un gameplay mou du genou vu et revu, peu de maps (un comble pour un jeu uniquement multijoueur), seulement des différences visuelles entre les factions, débuts peu palpitants, etc. Au final,
Zipper Interactive a intégré des idées, plus ou moins bien amenées et réalisées, mais la sauce arrive tout de même à prendre. Elle manque sacrément de saveur, certes, mais elle n’est pas mauvaise pour autant, loin de là. Avec de bons designers, un peu plus de prises de risques et un gameplay moins mou, MAG aurait été un incontournable de la console. En l’état, il reste un MMOFPS sympathique aux serveurs solides…
On a adoré :
+ Jouer jusqu’à 256
+ Serveurs solides
+ Système de grades bien pensé
+ De même avec les XP
+ Facile à prendre en main
+ Idéal pour former des équipes
+ Trois factions…
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On n'a pas aimé :
- Mais une seule sauvegarde par profil
- Et différences simplement visuelles
- Débuts peu palpitants
- Mou du genou
- Archi classique
- Aucune identité visuelle
- Peu de maps
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