En mars 2007, Media Molecule, soutenu activement par Sony Computer Entertainment, nous présentait un tout nouveau jeu destiné exclusivement à la PlayStation 3. Celui-ci répondait au nom de LittleBigPlanet. Un an et demi plus tard, certains joueurs ont pu s’essayer à une version bêta du jeu. Comme nous avons pu mettre la main dessus, nous vous proposons de découvrir nos premières impressions. L’occasion d’avoir un aperçu de ce titre qui a réussi à en intriguer plus d’un et qui tentera de séduire petits et grands dès le 24 octobre prochain.
Petit par la taille, grand par les possibilités
Tout commence avec une vidéo d’introduction plongeant le joueur dans l’univers du jeu. Des images réelles se superposent à des virtuelles pour créer une ambiance atypique regorgeant d’humour. Après un petit tutorial permettant de rapidement prendre son Sackboy en mains, le joueur arrive dans une sorte de cockpit en carton offrant la réplique d’une manette PlayStation 3 qu’il faut assimiler au tableau de bord. Ceci fait en fait office de menu et il faut bien avouer que c’est plutôt appréciable, surtout qu’il est possible de décorer sa cabine. De cet endroit on peut accéder à trois planètes, une permettant de consulter son profil, de changer d’avatar, de voir les créations de ses amis, de communiquer avec eux, etc., une autre parsemée d’espaces vides afin de créer plusieurs niveaux de toutes pièces et une dernière pour accéder à une partie rapide, jouer le mode histoire ou chercher une création d’un membre de la communauté pour l’essayer. Vous l’aurez compris, le but du jeu se résume en trois mots : créer, jouer et partager.
Commençons donc par le début : la création. En se rendant sur une sorte de lune, on peut choisir un des espaces vides pour pouvoir démarrer la création d’un niveau. L’emplacement décidé, on peut, si on le souhaite, utiliser un des thèmes déjà disponibles pour avoir un décor ou alors partir de rien. Dans tous les cas, ce qui est formidable, c’est que le résultat final est bien souvent original, ce qui offre des productions très diverses et variées. Avec des objets et autres fonctions (copie, découpe, collage…) glanées lors du parcours d’autres niveaux ou en progressant dans le mode histoire, il est possible de créer un monde, en sachant que pour une fois la Terre n’est pas ronde, mais rectangulaire. Comprenez par là que le niveau s’apparente à une sorte de tableau dont la progression est linéaire, on va d’un point A à un point B. Le joueur peut, en appuyant sur le bouton « carré » de sa manette, afficher un menu qui est tout le temps accessible. De là, il peut saisir des objets pour les placer sur le terrain selon trois plans distincts, coller des autocollants là où il le souhaite, changer les textures de certains éléments, en créer de toutes pièces à partir de formes prédéfinies, changer la taille ou l’orientation des objets, etc., les possibilités sont immenses et on peut véritablement créer un « monde ». Notons d’ailleurs, qu’il est possible de bouger la caméra pour minutieusement placer les éléments, que l’on peut revenir en arrière pour effacer une action ou avancer pour finalement la simuler à nouveau. Précisons aussi que dans ce mode là, il est possible de disposer des éléments dans les airs, néanmoins, lorsqu’on a terminé et que l’on désire sauvegarder son niveau, les lois de la gravité reprennent le dessus. Enfin, il faut juste prendre un peu de son temps pour pouvoir faire des créations aussi originales que surprenantes.
Un pour tous, tous pour un !
Il suffit d’ailleurs de voir certaines productions de la communauté pour se rendre compte des possibilités quasi illimitées qu’offre le titre. Certains niveaux sont de véritables casse-tête chinois alors que d’autres misent tout sur le fun ou des courses de véhicules, puisqu’on peut aussi insérer des skates, des sortes de voitures ou même des bolides à la WipEout pour ne citer que cela. Mieux encore, pour indiquer aux autres joueurs la nature d’un niveau, il est possible, après l’avoir essayé, de l’apprécier en lui donnant un adjectif qui le qualifie (amusant, difficile, complexe, facile, course, etc.). Du coup il est très facile de trouver des niveaux qui nous correspondent complètement ou du moins qui satisfassent une certaine envie. Comme pour le mode Histoire, en progressant, on peut récupérer des orbes qui permettent d’incrémenter un compteur de points et des objets (autocollants, vêtements…) pour diversifier ses productions ou personnaliser son Sackboy afin qu’il soit unique. En effet, il est préférable que celui-ci puisse être identifié en un coup d’œil puisque le soft mise tout sur la coopération. Ainsi, lorsqu’on désire jouer en ligne, il est possible de trouver jusqu’à trois coéquipiers qui vont permettre de résoudre certaines énigmes empêchant d’avancer ou du moins de récupérer des objets que seul on ne pourrait avoir. Sans compter que ces derniers peuvent avoir des autocollants permettant de débloquer des mécanismes que soi-même on ne possède pas.
Au niveau du gameplay, c’est très simple. Le joystick gauche permet d’avancer, le bouton croix de sauter, le carré d’ouvrir un menu contextuel (pour écrire un message, récupérer une sorte de lasso utile à la création, coller un autocollant, utiliser un objet ou encore customiser son personnage), la gâchette R1 permet de s’accrocher à certains objets selon leur matière et la croix directionnelle permet de changer l’émotion de son petit bonhomme. Simple à prendre en mains, le titre est fun et on peut facilement progresser. Néanmoins, il s’agit d’un jeu de plates-formes offrant quelques énigmes plus ou moins tordues. La progression n’est donc pas si aisée que cela et il faut parfois réfléchir pour franchir un passage délicat. Ce qui permet d’éviter de mourir et de recommencer à partir d’un checkpoint que l’on a passé peu de temps avant. Entre le feu, l’acide ou encore des fantômes peu accueillants, le joueur a de quoi faire. Les actions sont diversifiées et l’aventure est loin d’être monotone. A cela il faut ajouter des graphismes d’excellente facture, une voix française agréable à l’oreille, beaucoup d’humour et beaucoup d’excellents tutoriaux. Malgré tout, au registre des déceptions, on retrouve les éternels bugs de collisions, toujours agaçants, et surtout un jeu en ligne qui a tendance à laguer… Quelque peu ennuyant lorsque le but est justement de partager son expérience avec d’autres joueurs du monde entier. Malgré les personnes rencontrées et les connexions optimales de chacun, le problème persistait. Espérons que cela sera corrigé dans la version finale.
Premier avis sur le jeu, conclusionLittleBigPlanet (LBP pour les intimes) s’annonce sous les meilleurs auspices même si quelques nuages (bugs de collision et lag en ligne) viennent ombrager le tableau. En tout cas, le titre de Media Molecule offre un univers et des personnages séduisants. Le tout est saupoudré d’humour et réussit à charmer les plus sceptiques. Pour apprécier le divertissement, il n’y a pas trente-six solutions, il faut y jouer. C’est facile à prendre en main, il y a de quoi s’amuser, réfléchir et faire preuve d’imagination et d’originalité. Seul ou en coopération avec un, deux ou trois autres joueurs, on avance dans les niveaux, que ce soit dans le mode histoire ou dans ceux produits par la communauté et on prend du plaisir. On crée, on joue et on partage. Difficile de mieux résumer le concept de ce qui s’annonce comme une petite bombe qui pourrait bien révolutionner le genre.