Dossier > Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots
Après trois opus magistraux, Metal Gear Solid arrive au bout du chemin avec Guns of the Patriots, dernier volet de la série. Avec une intrigue aussi complexe, il est évident que des millions de joueurs attendent impatiemment le dénouement final. Un dénouement qui profite de la puissance de la PlayStation 3 pour multiplier les émotions. Première aperçu du titre de la Kojima Team.
Les personages
Revolver Ocelot – Liquid Snake
Ocelot est sans doute le personnage le plus malin de la série. Il sait parfaitement manipuler et se faire passer pour moins puissant qu’il ne l’est en réalité. Jeune, il affronte Big Boss et convoite déjà l’héritage des philosophes et une arme nucléaire puissante. Il assassine son camarade Gurlugovich et veut récupérer le Metal Gear Ray qui, à la base, est un projet Russe. Il fait longtemps croire que son but ultime est de redonner à la Russie sa grandeur passée mais l’héritage des patriotes et sa seule motivation. Il manipule tout à tour Liquid, Raiden, Fortune ou encore Solidus Snake dans la magistrale scène finale du second opus. Après avoir perdu sa main, tranchée par Gray Fox, il se fait greffer une main de Liquid Snake. Mais le génome de ce dernier est tel que Liquid Snake se réveille bientôt en Ocelot. Liquid veut façonner un monde à son image, plongé dans le chaos et où les soldats auront toujours leur place. Les intérêts des deux hommes sont en partie opposés. Liquid est le personnage le plus dangereux, malin et influant que Snake ait jamais eu à affronter.
Colonel Roy Campbell
Il a été dans presque toutes les missions de Snake, parfois obligé de lui cacher la vérité tant il détenait d’informations confidentielles. S’il a eu tendance à manipuler Snake en Alaska dans le premier volet, il n’en reste pas moins un fervent supporter de la paix. De retour dans ce quatrième épisode, il a vieilli et a besoin d’une canne pour marcher. Heureusement il semble avoir encore toute sa tête pour diriger l’opération. C’est aussi le personnage « historique » de la série. Il connaît presque toute la vérité sur Big Boss et la naissance de Snake.
Meryl Silverburgh
La nièce du colonel Campbell est entrée dans l’armée pour mieux comprendre son défunt père qui était soldat. Elle lutte contre la guerre qui pour elle n’a aucun sens, aucune issue. Elle tombe amoureuse de Snake dans Metal Gear Solid premier du nom et il y a peu de chance que l’histoire se répète dans MGS4 vu l’allure du « papy snake ». D’après les quelques secondes du trailer E3 2006 la mettant en scène, Meryl a pris de l’ampleur et a intégré une équipe considérée comme le nouveau « Fox Hound ».
Naomi Hunter
Ces parents ont été tués par Franck Jaeger (Gray Fox). Ayant honte de son acte, il l’a prise avec lui et l’a éduqué, sans jamais lui révéler la terrible vérité. Elle le considère comme son grand frère, sa seule famille étant Gray Fox et Big Boss. Naomi est dans la recherche génétique pour découvrir qui sont ses parents. Dans MGS1, elle souhaite se venger de Snake car il a tué Franck Jaeger à Zanzibar. Dans MGS4, il est fort probable que Naomi Hunter réoccupe son premier rôle, étant à l’origine du virus FoxDie rongeant Snake jour après jour.
Otacon (Hal Emmerich)
Ingénieur informaticien créateur du Metal Gear Rex, il pensait que Rex était un système de défense et de destruction de missiles en vol. Lorsqu’il s’aperçoit que c’est une véritable arme nucléaire et qu’on l’a manipulé (dans MGS1), il rejoint alors Snake dans sa lutte contre la guerre et la prolifération des armes nucléaires. Génial hacker, Otacon est surnommé ainsi car il adore les robots japonais de manga. Personnage emblématique de la série, Hal Emmerich attire forcément la sympathie, voire la pitié après la mort de sa sœur dans MGS2 : Sons of Liberty.
Solid Snake
Faut-il encore présenter Solid Snake ? Fils de Big Boss, éternel solitaire (ou presque) et fumeur de cigarette, le héros de Metal Gear Solid a considérablement vieilli dans ce nouvel opus et ce à cause du virus Fox Die le rongeant petit à petit de l’intérieur. Naomi Hunter, qui lui avait introduit ce virus avant la mission à Shadow Moses, sera sans doute d’une aide précieuse dans cet opus. La grande interrogation à la suite des trailers dévoilés est : Snake va-t-il vraiment se suicider après cette dernière mission ? Difficile d’y répondre mais Kojima devrait, comme à son habitude, bien nous surprendre.
Raiden
Le héros de Metal Gear Solid 2 de retour dans une tenue de Ninja dernier cri ou une énième fausse piste laissée par Kojima ?
Histoire
Après un retour dans le passé très instructif via Metal Gear Solid 3 : Snake Eater, nous voilà à nouveau dans les temps modernes. Sept ans après les évènements de Sons of Liberty (qui se déroulait en 2009), Snake a considérablement vieilli à cause du virus Fox Die qu’il porte en lui depuis les évènements de Shadow Moses en 2005. Assez usé, « papy snake » n’a pas pour autant tiré un trait définitif sur sa carrière puisque le bon vieux Colonel Campbell va lui faire une ultime fois appel. La menace est cette fois plus grande que jamais. La vision de la guerre a changé et de multiples compagnies militaires privées ont fait leur apparition. Les cinq plus grandes d’entre elles appartiennent à une même compagnie mère nommée Outer Heaven (un nom familier des fans de la série). Cette compagnie dispose d’une puissance militaire globale équivalente à celle des Etats-Unis et commence progressivement à l’utiliser. A la tête de ses compagnies se trouve Liquid Ocelot qui voit enfin son rêve sur le point de se réaliser (créer un monde dans lequel les soldats auront toujours leur place et bien évidemment obtenir tout le pouvoir en utilisant des soldats génomiques sous contrôle). Le point vraiment intéressant est l’implication des patriotes dans la compagnie Outer Heaven. Semblant déjà avoir une grande influence sur le monde, les patriotes, ou du moins leurs héritiers (puisque les véritables patriotes sont morts il y a un siècle), ont des intérêts encore assez secrets de participer aux conflits. Conflits qui se déroule par ailleurs au moyen-orient et où le jeu (en tout cas une majeure partie) devrait se dérouler.
Gameplay
MGS4 va plus loin dans l’utilisation des camouflages, introduite par le troisième opus. Cette fois la technologie est tellement avancée que le camouflage s’adapte automatiquement à l’environnement entourant Snake. Notre héros pourra donc sans problème se confondre avec les murs, véhicules et autres. De quoi tromper la vue des nouveaux Metal Gear. Ces derniers ont considérablement évolué. Moins massifs, ces modèles de 2016 sont en partie constitués de tissus organiques, leur permettant de bouger les jambes de manière relativement souple. Ils peuvent aussi faire des sauts de plusieurs dizaines de mètres ou bien courir à vive allure. Très répandu et donc beaucoup plus nombreux qu’à l’accoutumé, les metal gear devraient donner lieu à des combats et courses poursuites d’anthologie. Hormis ces monstres de ferrailles, des soldats génomiques seront toujours présents en masse et sauront mieux tirer parti de l’environnement. Les quelques minutes de vidéos dévoilées révèlent une utilisation beaucoup plus poussée du décor, à la fois pour se cacher mais aussi pour prendre par surprise, contourner, etc. Cette interaction est rendue possible par le cadre même de l’action : une ville du moyen-orient en proie à la guerre (du moins c’est le seul lieu révélé jusqu’à présent).
Hideo Kojima a tenu à préciser que la linéarité n’est plus la bienvenue dans Metal Gear Solid. Comprenez par là que plusieurs méthodes seront utilisables pour arriver à un même but. Cette multiplication des méthodes est une nouvelle fois permise par l’ouverture d’un environnement massif au joueur. Snake sera également aidé par le MK II, petit robot créé par Otacon. Ce dernier a plusieurs fonctionnalités. Il permet à Snake de faire de la visio-conférence avec Otacon, il peut aussi jouer le rôle d’éclaireur pour Snake et même électrocuter les gardes, parfois même au niveau des parties génitales ! Autre nouveauté, Snake est muni du « Solid Eye », un petit boîtier lui recouvrant l’œil gauche et bourré de technologie. Celui-ci permettra donc d’afficher une vision nocturne ou une vision thermale sans utiliser d’accessoire supplémentaire. En parlant de vision, une caméra libre a été implanté et sera sans doute manipulée via le stick analogique droit. Au niveau du réalisme, la Kojima Team a comme d’habitude fait appel à des militaires pour que l’attitude de Snake soit la plus appropriée possible selon une situation donnée. De véritables armes traînent dans les locaux de Konami afin que les développeurs puissent les modéliser ou en créer des versions plus futuristes (le jeu se passant en 2016). Bref, nous aurons droit à un gameplay plus ouvert et à un réalisme accru pour ce nouvel opus.
Technique
Si vous avez déjà vu les trailers de Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots, alors vous avez sans doute pris une grosse claque graphique ! Le titre est une véritable démonstration des capacités de la PlayStation 3. Tous les protagonistes, et plus particulièrement Snake, sont constitués de milliers de polygones et disposent d’animations faciales des plus crédibles, renforçant ainsi l’immersion. Si certaines textures apparaissent assez banales, d’autres nous laissent littéralement bouche bée par leur richesse. Partisan du moindre détail, la Kojima Team travaille avec soin sur tous les éléments pouvant renforcer l’ambiance, par exemple cette espèce de brume surplombant la ville et nous rappelant que nous sommes en plein conflit. Le character-design, toujours confié au génial Yoji Shinkawa, est à la hauteur de nos attentes. Non seulement on s’attache vite à notre old « Snake » mais d’autres personnages comme Meryl semble avoir mûrie. C’est aussi le cas d’Otacon qui apparaît en vieux briscard lassé par la guerre et prêt à en finir. Nul doute que plusieurs scènes fortement émotionnelles sont au programme dans cet opus. Concernant les doublages américains (ceux qui seront à coup sûr préservés pour la version française), le casting est le même que d’habitude : David Hayter dans le rôle de Snake, Christopher Randolph pour Otacon, Paul Eiding pour Roy Campbell, Jennifer Hale pour Naomi Hunter, Cam Clarke pour Liquid Ocelot ou encore Debi Mae West pour Meryl. Et côté bande-son on retrouve le maître Harry Gregson Williams, celui-la même qui envoûte nos oreilles depuis Metal Gear Solid 2 (et qui s’occupe aussi de grosses productions hollywoodiens).
ConclusionDire de Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots qu’il est attendu est un doux euphémisme, tant l’attente générée par cet (ultime ?) opus a rarement eu d’égale dans le domaine du jeu vidéo. Utilisant sa bonne vieille recette mi-jeu, mi-film, Kojima prend une nouvelle fois son temps pour marquer les esprits. Le scénario bien mieux ficelé que dans n’importe quel autre jeu vidéo (et films d’ailleurs), la réalisation tout simplement somptueuse et le gameplay quasi parfait de la série devraient largement parler en sa faveur. Au fond, la question n’est donc pas de savoir si MGS4 sera ou non un killer-ap mais plutôt quand pourra t-on mettre la main dessus. Et ce jour là, sans doute, aura quelque chose de magique et bouleversant.